En voilà déjà trois. juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentairehttp://www.youtube.com/v/fJ9rUzIMcZQ&feature=PlayList&p=F5D9DC45DCD5C300&index=0&playnext=1
http://www.youtube.com/v/MeP220xx7Bs
http://www.youtube.com/v/4tZYvvPDmnw
http://www.youtube.com/v/Vf1QWj6Q0WU&feature=related
http://www.youtube.com/v/YOGUqXRXPts
OUTRE-MEUSE, AUTRES MOEURS.
Virgin (Aucun) Express juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentairehttp://www.geocities.com/mikeeagling/files/virgin_digital.jpg
Y’a 74 Groupes ( ou artistes ) à trouver… 74.. SI SI
Victor Hugo - Les Djinns (1829) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaireMurs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.
Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit.
La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.
La rumeur approche,
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantôt s’écroule
Et tantôt grandit.
Dieu! La voix sépulcrale
Des Djinns!… - Quel bruit ils font!
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond!
Déjà s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe..
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.
C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.
Ils sont tout près! - Tenons fermée
Cette salle ou nous les narguons
Quel bruit dehors! Hideuse armée
De vampires et de dragons!
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée,
Tremble, à déraciner ses gonds.
Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure!
L’horrible essaim, poussé par l’aquillon,
Sans doute, o ciel! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!
Prophète! Si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs!
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs!
Ils sont passés! - Leur cohorte
S’envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés!
De leurs ailes lointaines
Le battement décroît.
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.
D’étranges syllabes
Nous viennent encor.
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève,
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.
Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leur pas;
Leur essaim gronde;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.
Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord;
C’est la plainte
Presque éteinte
D’une sainte
Pour un mort.
On doute
La nuit…
J’écoute: -
Tout fuit,
Tout passe;
L’espace
Efface
Le bruit.
Charles Baudelaire - L’homme et la mer (1867) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaireHomme libre, toujours, tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables !
Louis Aragon - Le fou d’Elsa (extrait) (63) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaireIl y a des choses que je ne dis a Personne Alors
Elles ne font de mal à personne Mais
Le malheur c’est
Que moi
Le malheur le malheur c’est
Que moi ces choses je les sais
Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c’est que ce ne sont pas du tout des songes
Il y a des choses qui me sont tout à fait
Mais tout à fait insupportables même si
Je n’en dis rien même si je n’en
Dis rien comprenez comprenez moi bien
Alors ça vous parfois ça vous étouffe
Regardez regardez moi bien
Regardez ma bouche
Qui s’ouvre et ferme et ne dit rien
Penser seulement d’autre chose
Songer à voix haute et de moi
Mots sortent de quoi je m’étonne
Qui ne font de mal à personne
Au lieu de quoi j’ai peur de moi
De cette chose en moi qui parle
Je sais bien qu’il ne le faut pas
Mais que voulez-vous que j’y fasse
Ma bouche s’ouvre et l’âme est là
Qui palpite oiseau sur ma lèvre
O tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c’est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi
Le malheur c’est que c’est en moi
Même si n’en sait rien personne
Non laissez moi non laissez moi
Parfois je me le dis parfois
Il vaut mieux parler que se taire
Et puis je sens se dessécher
Ces mots de moi dans ma salive
C’est là le malheur pas le mien
Le malheur qui nous est commun
Épouvantes des autres hommes
Et qui donc t’eut donné la main
Étant donné ce que nous sommes
Pour peu pour peu que tu l’aies dit
Cela qui ne peut prendre forme
Cela qui t’habite et prend forme
Tout au moins qui est sur le point
Qu’écrase ton poing
Et les gens Que voulez-vous dire
Tu te sens comme tu te sens
Bête en face des gens Qu’étais-je
Qu’étais-je à dire Ah oui peut-être
Qu’il fait beau qu’il va pleuvoir qu’il faut qu’on aille
Où donc Même cela c’est trop
Et je les garde dans les dents
Ces mots de peur qu’ils signifient
Ne me regardez pas dedans
Qu’il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu’il fait beau
Même s’il pleut sur mon visage
Croire au soleil quand tombe l’eau
Les mots dans moi meurent si fort
Qui si fortement me meurtrissent
Les mots que je ne forme pas
Est-ce leur mort en moi qui mord
Le malheur c’est savoir de quoi
Je ne parle pas à la fois
Et de quoi cependant je parle
C’est en nous qu’il nous faut nous taire
Louis Aragon
Jean-Paul Sartre - Huis Clos (47) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaire- Inès:
- Je vois. (Un temps.) Pour qui jouez-vous la comédie? Nous sommes entre nous.
- Estelle, avec insolence
- Entre nous?
- Inès:
- Entre assassins. Nous sommes en enfer, ma petite, il n’y a jamais d’erreur et on ne damne jamais les gens pour rien.
- Estelle:
- Taisez-vous.
- Inès:
- En enfer! Damnés! Damnés!
- Estelle:
- Taisez-vous. Voulez-vous vous taire? Je vous défends d’employer des mots grossiers.
- Inès:
- Damnée, la petite sainte. Damné, le héros sans reproche. Nous avons eu notre heure de plaisir; n’est-ce pas? Il y a des gens qui ont souffert pour nous jusqu’à la mort et cela nous amusait beaucoup. À présent, il faut payer.
- Garcin, la main levée
- Est-ce que vous vous tairez?
- Inès, le regard sans peur, mais avec une immense surprise
- Ha! (Un temps.) Attendez! J’ai compris, je sais pourquoi ils nous ont mis ensemble.
- Garcin
- Prenez garde à ce que vous allez dire.
- Inès
- Vous allez voir comme c’est bête. Bête comme chou! Il n’y a pas de torture physique n’est-ce pas? Et cependant, nous sommes en enfer. Et personne ne doit venir. Personne. Nous resterons jusqu’au bout seuls ensemble. C’est bien ça ? En somme, il y’a quelqu’un qui manque ici: c’est le bourreau.
- Garcin, à mi-voix
- Je le sais bien.
- Inès
- Eh bien, ils ont réalisé une économie de personnel. Voilà tout. Ce sont les clients qui font le service eux-mêmes, comme dans les restaurants coopératifs.
- Estelle
- Qu’est-ce que vous voulez dire?
- Inès
- Le bourreau, c’est chacun de nous pour les deux autres.
Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril… Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres.
Françoise Sagan - Le miroir égaré (96) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaireSybil Delsey et François Rosset sont des amants heureux que (semble-t-il) rien ne peut séparer, ni personne : Mouna Vogel, veuve d’un richissime industriel allemand, plus âgée qu’eux et propriétaire d’un théâtre à Paris qui accueillerait la pièce qu’ils veulent monter, n’a, elle, aucune illusion quant à son possible pouvoir sur François. Mais il arrive qu’a force de ne pas croire, de ne pas espérer, de ne pas imaginer, de ne pas se livrer, il arrive qu’à force de négations quelque chose se crée… En mathématiques, un moins multiplié par un moins égale un plus. En amour aussi, peut-être ?
Extrait :
Il riait mais sans rire vraiment. Son inquiétude tendre rendait supportable son charme de « tête brûlée », rendait en général romanesque, ou héroïque, son goût du risque – pour lui et ses proches – et loyale sa folie des grandeurs. D’autant qu’en même temps, il lui offrait d’y renoncer sans lui en garder rancune, et il le ferait. C’était là sa force, ou son habilité, ou sa ruse : laisser Sybil libre toujours de partager ses folies, ne jamais l’y contraindre, et ne pas lui en vouloir de les refuser. Et qu’avait-elle jamais refusé en dix ans ? Rien
Vassili Golovanov - Eloge des voyages insensés (2008) juin 21 2009
Infos : , ajouter un commentaireDans la chambre d’hôtel glaciale. Sous deux couvertures. En caleçon de laine. Nuit. Pluie derrière la fenêtre.
Pourquoi ? Pourquoi tout cela ? Envie soudaine de manger, de prendre une douche chaude.
Qu’est-ce que je cherche ? L’Ile ? Elle a été découverte bien avant moi. L’Ile, mon invention saugrenue ! Pas besoin de rêver longtemps pour se représenter ce qu’il y là-bas. Etendue plate.
Toundra. Ciel gris, bas, creusé en labour de nuages sombres. Soleil terne, blafard, toujours caché. Herbes chétives tremblant dans le vent et fleurs de camomille - apothéose de la floraison estivale… Odeur d’humidité, partout des marécages, et le bord de mer qui ne sent que l’argile car l’eau, on ne sait pourquoi, ne sent rien. Jaune, glaciale…
Qu’est-ce qu’il disait, Korepanov ? Que sur l’Ile existeraient deux temps parallèles : le temps de l’abstinence et le temps de la soûlerie ? Et qu’il valait mieux ne pas arriver dans le second ? Que plus un homme était intéressant et captivant quand il était à jeun, plus il serait terrifiant, ivre ? Cette pensée est plus profonde qu’il n’y paraît
En deux millénaires d’histoire européenne, peu de choses ont changé. La seul différence est que maintenant, pour exprimer les vérités d’antan, nous employons des langues nouvelles : Beauty is a Rare Thing. Même en musique, putain !
Une ville étrangère où, je ne sais pourquoi, le courant m’a poussé… Poussé ? Non. J’y suis arrivé de mon plein gré… En quête. En quête de quoi ? De sens. Du sens de la vie humaine. Cela sonne stupidement exalté, soit, mais comment faire si, en vérité, nous sommes placés face au non-sens de l’existence ?
Je ne crois pas aux « Droits de l’homme », je crois à la valeur de l’homme qui se mesure à son humanité. L’homme tué, déchu, privé de son lot, de son destin, est le triomphe du non-sens et de la mort. Au nom de quoi n’a-t-on pas fait couler le sang ? Au nom même du Seigneur, de Celui qui a rassemblé les hommes, et que les déshérités invoquent pour se haïr encore plus les uns les autres. Et cela leur réussit : ils instillent dans l’âme une haine noire comme de la poix. Car, faute d’amour, l’âme est condamnée à la haine. Faute de sens, au non-sens…
Et moi, dans tout ça ?
L’île polaire de Kolgouev est le cœur du récit.
C’est en lui donnant une dimension imaginaire que Golovanov parvient à décrire avec le plus de fidélité cet espace géographique et mental.
Il raconte ses expéditions en mêlant à ses impressions, ses propres sensations, des légendes, des contes, des dialogues, composant ainsi une étrange et puissante partition symphonique qui fait de son livre une sorte d’épopée contemporaine sur les cendres des temps mythiques.
Golovanov ne se limite pas à « chanter l’espace » et l’antique horde nomade du Grand Nord
- des Nénets en particulier -, il montre les désastres infligés par la civilisation industrielle et le communisme à cette terre et à ses hommes, et la déréliction dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui.
Se faire une opinion sur l’originalité de cette prose, seuls peuvent le tenter ceux qui décident, aux côtés de l’auteur, d’entreprendre le voyage.
Vassili Golovanov est né en 1960, il vit à Moscou ou en voyage. « Depuis l’effondrement du communisme et la chute du Mur de Berlin, dit-il, nous n’avons plus d’ailleurs. C’est cet ailleurs, sans lequel aucune création (2 fois) n’est possible, que nous cherchons. »
«Si le monde était clair, l’art ne serait pas.»
[ Albert Camus ] - Le mythe de Sisyphe
René Magritte - Le baiser juin 21 2009
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Marcel Broodthaers - Huit projet’s juin 21 2009
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Et quand vient le soir,
Pour qu’un ciel flamboit,
Le rouge et le noir,
Ne s’épousent t-il pas ?
(Brel)
Le Rouge et le Noir des ortures sont les Fleurs du al.
Je répète : le Rouge et le Noir des ortures sont les Fleurs du al
(Noir Désir)
Julien Sorel.